Association
Doulas de Fin de Vie Suisse
À qui cela s’adresse?
Aux personnes atteintes d’une maladie grave / incurable, aux personnes âgées, aux proches aidant·es, aux endeuillé·es.
Les personnes se questionnant sur leur fin de vie, lointaine ou proche, sur la mort ou le deuil peuvent aussi s’adresser à un·e nos doulas.
Mot de la présidente d’Honneur
Ces 30 dernières années, la mort est devenue moins taboue. On en parle, les médias la mettent en évidence, les services de soins palliatifs ont été créés.
La mort s’est aussi « médicalisée ». Maintenant de nombreuses personnes souhaiteraient mourir chez elles ou garder leur proche en fin de vie à la maison jusqu’à la fin. C’est pour accompagner les personnes en fin de vie et leurs proches que les doulas de fin de vie existent.
Il s’agit de personnes formées et ayant souvent une longue expérience de l’accompagnement qui ne sont pas des professionnelles de la santé, mais bien des compagnes capables de soutenir ceux qui atteignent la fin de leur existence, pour qu’ils puissent mourir dans la paix et la tendresse.
L’association regroupe ces doulas dont le rôle en Suisse est encore peu connu.
Dr Rosette Poletti, pionnière des soins palliatifs en Suisse, praticienne et enseignante de l’accompagnement de personnes en fin de vie et en deuil depuis 1976
Au sujet des doulas de fin de vie (ou thanadoulas)
Nos doulas offrent un accompagnement professionnel personnalisé aux personnes et à leurs proches avant, pendant et après le décès.
Dans de nombreuses cultures, pendant des milliers d’années, des femmes expérimentées ont aidé les femmes enceintes qui allaient donner naissance à leurs enfants à bien vivre cet événement. On les nommait les doulas, mot qui vient du grec et qui signifie « servante ». Il y avait aussi des femmes qui apportaient leur soutien lorsqu’une personne approchait de sa fin de vie.
Les doulas de fin de vie existent depuis des dizaines d’années dans de nombreux pays.
Comment ça se déroule ?
La doula est contactée directement et un premier entretien a lieu pour faire connaissance. Les modalités de l’accompagnement sont ensuite définies et le partenariat avec la famille, et/ou les endeuillés et/ou la personne en fin de vie s’engage.
NOTRE FONDS D’ENTRAIDE
Grâce notamment à un don conséquent du Ladies’Lunch Lausanne notre association a pu créer un fonds d’entraide qui permet l’accès à un accompagnement indépendamment de la situation financière des personnes.
Les personnes concernées peuvent contacter un.e de nos doulas membres A dans leur région et vérifier si une prise en charge par ce fond est envisageable. Ce premier contact est sans engagement.
Il nous tient à coeur d’aider celles et ceux qui ont des difficultés financières, de rendre notre accompagnement accessible à toutes et tous et de ne pas exclure les personnes en fonction de leurs moyens.
Professionnel·le du social, de la santé ou thérapeute : vous accompagnez une personne atteinte d’une maladie incurable ou en fin de vie et ses proches avec peu ou pas de moyens ?
Écrivez-nous à info@doulasdefindevie.ch. C’est avec plaisir que nous répondrons à vos questions et pourquoi pas, venir vous présenter le travail de nos doulas et les missions de notre association !
Actualités
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On reste en contact?
« J’avais peur de confier mes doutes, mes peurs, ma tristesse à mes proches, je ne voulais pas les charger avec tout cela. Pouvoir en parler une personne compétente, avec qui je pouvais créer un lien de proximité et de confiance sans lourdeur émotionnelle, c’est cela dont j’avais besoin. M’offrir l’accompagnement d’une doula de fin de vie a été une ressource essentielle. Pas seulement pour moi. Pour mes proches aussi. «
« J’avais pris un cours sur l’accompagnement des personnes en fin de vie, il y a quelques années. J’avais espéré pouvoir garder mon époux à la maison, si c’était possible et s’il décédait avant moi. J’espérais pouvoir participer à sa toilette mortuaire, le veiller et prier près de son corps, au moins la première nuit. Ça ne s’est pas passé comme ça, je n’ai pas eu la force de résister au reste de la famille qui a appelé les Pompes Funèbres, ils sont venus chercher le corps et c’était fini. Je ne l’ai revu qu’au Funérarium, habillé, préparé par des mains étrangères. Je m’en veux. J’aurais eu besoin de quelqu’un avec qui j’aurais pu préparer ce moment, qui nous aurait aidé à le vivre selon ce que mon mari et moi souhaitions. »
« J’ai fait le choix de cesser mon activité professionnelle et d’accompagner ma mère en fin de vie, m’y engageant avec toute ma sensibilité et ma disponibilité, mais sans savoir vraiment comment m’y prendre. Notre contexte familial et les tensions associées m’empêchait aussi de vivre pleinement ma relation avec ma mère. Le soutien reçu d’une doula de fin de vie nous a permis de préparer ensemble son départ avec sérénité, dans le respect du rythme et de la volonté de chacun/e. Elle nous a amenés à être dans l’intensité de la vie, tout en préparant notre deuil.
Le chemin parcouru avec la doula et ma mère m’a transformé. J’ai pu en tant que fils prendre la mesure de l’amour inconditionnel qui me liait à ma mère et le vivre. Ne pouvant plus s’exprimer, nous avons développé une communication non-verbale au travers du toucher (massage) et de la spiritualité, me faisant évoluer vers une autre dimension. Face à son agonie, j’ai pu être en pleine conscience avec elle. L’écriture d’un carnet de deuil et d’autres actions symboliques me permettent aujourd’hui d’affronter le vide laissé par son départ et de faire vivre sa mémoire. »
« Lorsque ma mère est morte, à la maison comme elle le souhaitait, nous avons pu l’accompagner, mon épouse, ma fille et moi. Elle a reçu des soins à domicile, par des gens compétents, mais qui changeaient tout le temps. Plusieurs fois, elle a voulu parler de la mort, mais je n’étais pas prêt à en parler avec elle. Elle ne voulait pas un ecclésiastique. J’aurais souhaité avoir une personne de confiance qui aurait pu s’entretenir avec elle et nous guider, nous la famille.«
« Mon mari est décédé il y a 3 mois. Je suis tellement triste de la manière dont cet événement s’est déroulé. Il m’avait suppliée de ne pas le « mettre à l’hôpital ». J’ai pu le garder à la maison presque jusqu’au bout, il était bien calmé. Il devenait somnolent, les infirmières m’avaient dit qu’il s’en irait, probablement tout doucement. Nous avions loué un lit d’hôpital et je me reposais sur un divan à côté de lui. A un moment, il a commencé à faire un drôle de bruit quand il respirait, alors j’ai eu peur. J’ai appelé l’ambulance et il est mort, en attendant une chambre, sur un brancard, dans le couloir de l’hôpital. J’aurais eu besoin de quelqu’un avec moi, cette nuit-là. Quelqu’un qui me rassure, qui sache quoi faire et qui soit une présence sereine.«